Mort de Steve : qu’a fait la presse ?

Detail« Mort de Steve : qu’a fait la police ? » titre ce matin Libération. Une fausse interrogation pour une vraie accusation. Les forces de l’ordre seraient coupables. Forcément coupables et seules coupables. Le quotidien préféré de la gauche bien-pensante est dans le sens du vent. Toutes voiles déployées. Comme beaucoup d’autres. L’extrême-gauche a gagné dans ce pays la première manche. Celle qui veut imposer au mieux la méfiance au pire la détestation des forces de l’ordre qui protègent pourtant les institutions et l’honnête citoyen. La ficelle est grosse. Enfoncer un coin entre la population et la police, développer les zones et moments de non-droit pour tenter de renverser la république. Gagner par la force là où l’on perd dans les urnes.

Cette radicalité existe depuis longtemps affirme David Dufresne, journaliste engagé reconverti en croisé et petit comptable des violences, forcément toujours policières. Souffler sur les braises et faire un direct devant l’incendie semble être à la mode chez des médias qui ont perdu, pour certains, la déontologie qui devrait les animer. La volonté de régler des comptes personnels avec le pouvoir politique en place interroge même si cette tendance a vu le jour sous la présidence Sarkozy.

Restent les faits. Ils devraient prévaloir mais nécessitent un peu plus de travail que de jouer les éditorialistes. Dans le cas du décès de Steve Maia Caniço on lira avec attention l’article de Breizh-info.com qui lui est consacré et qui est à contre-courant de bien d’autres. Basé sur une connaissance fine des lieux et du fonctionnement de la Loire, il soulève bien des questions là où l’on voudrait nous faire croire que la réponse est évidente et limpide. La réalité est différente. Entre chiens et loups, la Vérité n’est pas aisée à faire émerger. Il n’y a pas ceux qui savent d’un côté, les éclairés, et de l’autre ceux qui ne voudraient pas voir ce qui serait évident.

Faisons plutôt confiance à nos institutions. Mieux vaut une instruction longue et bien menée qu’un lynchage médiatique sur le pouce. Sauf à considérer que ce sont les règles du Far-West qui doivent prévaloir. A savoir la loi du plus fort et des braillards. Serions-nous tombés si bas ?

La fin des vacances pour tous ?

La boucle serait-elle bouclée depuis les congés payés de 1936 qui ont permis à des millions de français de découvrir la mer et la montagne ? Telle est la question que l’on peut se poser si l’on lit avec attention le diagnostic dressé par Jérôme Fourquet dans les colonnes du Figaro du 29 juillet. 

En observateur privilégié de la société française, le directeur du département « opinions et stratégie d’entreprise » de l’institut de sondages IFOP confirme ce que l’on pressentait. A savoir que contrairement au battage médiatique qui véhicule l’image d’une France entièrement en vacances pendant la période estivale, la réalité est moins belle. Parce que si congés il y a, ceux-ci ne sont forcément synonymes de séjour « ailleurs » notamment à la mer et à la montagne ou même en famille, dans la France profonde. 

Ce que l’on pensait acquis ne le serait donc plus. La migration de masse vers d’autres contrées ne serait désormais que l’apanage d’une partie de la population (60%). Faute de moyens, les 40 % restant seraient amenés à renoncer. La fièvre consumériste qui sévit toute l’année n’y serait pas étrangère pas plus que la fragilisation économique des classes populaires et moyennes. Le phénomène serait surtout amplifié par ce que Jérôme Fourquet désigne par le terme de « premiumisation » de l’offre touristique. En d’autre termes, la fin d’un tourisme bas coût symbolisés par des coûts de transports et d’hébergement faibles. Envolée du prix des péages autoroutiers, du prix du billet de train mais aussi le lent remplacement des campings bon marché par des « hôtelleries de plein-air » multi-étoilées étayent cette analyse. Dans le même temps l’effondrement des colonies de vacances ne doit pas être perçu comme le rejet d’un modèle de vacances pour la jeunesse. Le coût des séjours a là aussi explosé ces dernières décennies les rendant de facto inabordables pour ceux qui ne bénéficient pas d’une prise en charge financière quasi-intégrale.

Le paradoxe dans tous ça, c’est que l’on constate aujourd’hui qu’il revient moins cher de se payer un séjour à l’étranger tous frais compris que de rester dans l’hexagone. La charterisation ouvre la voie à des séjours plus courts mais délocalisés pour la classe moyenne au moment où les classes supérieures effrayées par leur bilan carbone auraient tendance à se racheter une conscience écologique en séjournant en France. On comprend mieux dès lors que la taxation du transport aérien, certes juste au plan écologique, sera difficile à faire avaler demain aux classes moyennes, premières concernées.